Les chercheurs explorent la vaccination COVID-19 chez les personnes immunodéprimées

Une revue publiée dans le Journal d’allergie et d’immunologie clinique discute de l’innocuité et de l’efficacité de la vaccination contre la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) et des stratégies potentielles pour optimiser la protection chez les patients dont l’immunité est affaiblie.

Étude : Vaccination SARS-CoV-2 dans l’hôte immunodéprimé. Crédit d’image : siam.pukkato/Shutterstock

Raisons d’un système immunitaire affaibli

Les personnes immunodéprimées ont une immunité gravement affaiblie qui pourrait être due à une erreur innée de l’immunité (IEI); l’effet des médicaments immunosuppresseurs dans une maladie auto-immune, le cancer du sang, lors d’une greffe d’organe ; ou virus de l’immunodéficience humaine (VIH) mal contrôlé. En raison d’une immunité affaiblie, les personnes immunodéprimées sont plus sujettes aux infections. Cependant, le risque d’infections évitables peut être réduit par la vaccination.

Sécurité des vaccins COVID-19

Les personnes immunodéprimées ont été exclues des essais de vaccins COVID-19. Il n’y a pas suffisamment de données de sécurité sur les vaccinations contre le COVID-19 chez les personnes immunodéprimées. Cela a conduit à une hésitation vis-à-vis des vaccins. Plusieurs études ont montré que les réactions à la vaccination chez les personnes immunodéprimées sont similaires à celles de la population générale.

Une étude a montré que les patients immunodéprimés atteints de maladies auto-immunes ne signalent aucune réaction grave ou poussée de maladie sous-jacente qui nécessiterait une hospitalisation après la vaccination. Il existe des données limitées sur la sécurité des doses de vaccin supplémentaires, mais les premiers rapports sont rassurants.

Réponse immunitaire à la vaccination

Les anticorps contre la protéine de pointe du coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS-CoV-2) sont un substitut de la protection immunitaire due à la vaccination contre le COVID-19 ou à une infection naturelle. La vaccination contre le COVID-19 induit des réponses anticorps robustes chez les individus immunocompétents. Cependant, les taux d’anticorps sont plus faibles chez de nombreux individus immunodéprimés. L’immunodéficience peut affaiblir la réponse immunitaire contre la vaccination. Ainsi, une dose de vaccin supplémentaire est recommandée pour les personnes immunodéprimées. Même ainsi, certaines personnes immunodéprimées ne répondent pas à plusieurs doses de vaccin.

Qu’est-ce que la protection immunitaire chez les patients immunodéprimés ?

Les variantes préoccupantes du SRAS-CoV-2 (COV) hébergent des mutations dans la protéine de pointe qui permettent au virus d’échapper au système immunitaire. La variante Omicron nécessite des niveaux plus élevés d’anticorps neutralisants pour une neutralisation et une prévention efficaces de l’infection. Les personnes immunodéprimées sans anticorps neutralisants ou avec un statut séronégatif ont une incidence élevée de percées infectieuses. La séronégativité peut être utilisée pour identifier les individus présentant le risque d’infection le plus élevé. Pourtant, une définition de la protection immunitaire est nécessaire pour calculer le risque et éclairer des stratégies de protection supplémentaires.

Stratégies potentielles pour augmenter la réponse immunitaire

Doses de rappel

Des doses de vaccin supplémentaires peuvent augmenter l’immunité vaccinale décroissante. Des doses fréquentes de vaccins ne sont pas une option globale faisable. Des études supplémentaires sont nécessaires pour décider du moment optimal du nouveau dosage.

Choix de la plateforme vaccinale

La vaccination à deux doses provoque une meilleure réponse chez les personnes immunodéprimées par rapport à une dose unique d’Ad.26.COV2.S.

La vaccination par l’ARNm-1273 est associée à moins de percées d’infections par rapport à la vaccination par le BNT162b2. De plus, le mélange des vaccins est associé à une incidence plus faible de COVID-19 par rapport à deux doses du même vaccin. Cependant, nous ne savons pas si cela s’applique également aux personnes immunodéprimées.

Interruption des médicaments immunosuppresseurs

Chez les personnes immunodéprimées atteintes de maladies auto-immunes, une prise temporaire de médicaments immunosuppresseurs pendant la période de vaccination provoque une meilleure réponse anticorps par rapport à la réponse lors de la prise de médicaments immunosuppresseurs.

Stratégies thérapeutiques

La prophylaxie avec une combinaison d’anticorps monoclonaux anti-spike (mAb) de tixagevimab et de cilgavimab (EVUsheld) peut améliorer la protection contre le COVID-19. EVUsheld est efficace contre le COV prédominant d’Omicron.

Elle doit être envisagée pour tous les individus séronégatifs. En outre, il devrait être envisagé pour la prophylaxie post-exposition chez les personnes à haut risque de conséquences graves du COVID-19.

De plus, il existe de nouveaux agents antiviraux comme le nirmatrelvir, ainsi que le ritonavir et le molnupiravir, qui peuvent prévenir efficacement les conséquences graves du COVID-19.

Néanmoins, ces mesures thérapeutiques devraient être ajoutées à d’autres stratégies d’atténuation des risques pour la santé publique, notamment le port du masque, le maintien de l’hygiène des mains et la distanciation sociale.

Conclusion

L’immunosuppression atténue la réponse au vaccin COVID-19. Les corrélats cliniques de la protection immunitaire et de la dynamique de la réponse vaccinale doivent être compris pour informer le moment des doses de vaccin supplémentaires pour les personnes immunodéprimées. En outre, le rôle de l’immunité à médiation cellulaire et sa pertinence clinique doivent être évalués.

En raison de l’évolution rapide du SRAS-CoV-2, les chercheurs doivent continuer à élargir dynamiquement leur base de connaissances. Il est nécessaire de développer de nouvelles mesures de protection contre le COVID-19.

Les personnes immunodéprimées sont une population vulnérable. Leur protection nécessite une stratégie à multiples facettes : optimisation du calendrier et de la plateforme de vaccination, modulation des médicaments immunosuppresseurs pendant la période de vaccination (lorsque cela est possible), utilisation de l’immunoprophylaxie, intervention précoce avec des thérapies antivirales et stratégies continues d’atténuation des risques. Les personnes immunodéprimées devraient être prioritaires pour la prophylaxie et les thérapies préventives.

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